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Retrouver ici l'ensemble des homélies du P. Elysée Banouakon, SMA à partir de la 4ème semaine de pâques de l'année C. Le P. Elysée est actuellement secrétaire du DFGG, il écrit régulièrement des reflexions qu'il partage avec les autres. Elles peuvent servir d’elements de depart pour des personnes qui veulent aller loin...

VINGT-DEUXIEME DIMANCHE

Dans la Bible, le Royaume de Dieu est souvent comparé à un banquet. Comme pour confirmer cette affirmation, Saint Luc par exemple dans son évangile relate souvent des scènes de banquet ou de repas faisant allusion au Royaume de Dieu. Entre autre chez Simon le pharisien (Lc7 :36) ; chez Marthe et Marie (Lc10 :38) ; chez Zachée (Lc 19 :1-10). Parlant donc de ce royaume de Dieu, Jésus a quelque fois attiré notre attention sur ce que c’est que le royaume de Dieu en nous faisant comprendre que le Royaume des cieux n’est pas à être cherché ailleurs, ‘car il est déjà parmi nous’ Lc17 :21

Etant donc parmi nous, pour y prendre part, Jésus nous enseigne à travers la page de l’évangile de ce jour comment y parvenir. Dans la perspective de cette instruction donc, la première lecture et la page de l’évangile de ce vingt-deuxième dimanche du temps ordinaire de l’Année C s’accordent pour nous pointer du doigt, la vertu de l’humilité : Mon fils, accomplis toute chose dans l’humilité, et tu seras aimé plus qu’un bienfaiteur Sir3 :17 Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. Lc14 :11

De ce qui précède, interrogeons-nous de savoir ce que c’est que l’humilité ? A cette question, nous répondrons pour affirmer que dans le mot ‘humilité’, il y a ‘humus’ qui peut être littéralement traduit comme suit : l’humble est celui qui a les pieds sur terre ; il se reconnait fondamentalement petit, pauvre par lui-même. En d’autres termes, l’humble sait que tout ce qu’il a, tout ce qu’il est vient de Dieu. Et donc il compte sur Dieu, et sur lui seul. L’humble est toujours prêt à accueillir les dons et les pardons de Dieu. C’est le cas du publicain en Lc18 :9-14.

Si une telle compréhension peut être admise du minimum vital qu’est la vertu de l’humilité, qui est en fait la tenue du banquet céleste ; alors il convient de retenir que Jésus dans la page de l’évangile de ce jour, nous enseigne à nous ses disciples que notre preuve d’humilité se mesurera dans notre disponibilité à servir les autres et surtout les petits, les pauvres, les souffrants et les rejetés de la société. Car, si la présence du Christ parmi nous est synonyme du déjà-là du Royaume de Dieu parmi nous comme le souligne le Messie lui-même en Lc17 :21, alors il va sans dire que, de même que le Christ annonce dans la page de l’évangile de ce jour qu’il est venu pour donner un nouveau banquet où sont accueillis ; tous ceux qui avaient été rejetés faute de possibilité de remboursement ; pour continuer donc d’offrir à tous ce banquet, synonyme du déjà-là du Royaume des cieux, le Seigneur veut se servir de tout un chacun de nous comme ses bras, ses pieds et sa bouche. Et ce, dans l’humilité et sans discrimination.

Dans notre société actuelle où l’autoglorification, le m’as-tu vu ? Le donnant-donnant et l’intérêt personnel comptent le plus chez les uns et chez les autres, la deuxième lecture de ce jour en connexion avec les deux autres textes, nous confirme qu’en approchant le Christ avec une attitude d’humilité et d’amour envers nos frères et sœurs, nous prouvons avoir accepté la nouvelle religion, la religion d’amitié et de joie. En un mot, le banquet céleste.

Prions le Seigneur qui est doux et humble de cœur de nous accorder de le servir à travers nos frères et sœurs, surtout les rejetés de la société, dans un esprit d’humilité et de façon désintéressée. Amen.


VINGT-ET-UNIEME DIMANCHE

Il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers nous dit le Christ dans la page de l’évangile de ce jour. Et ces propos du Christ ici peuvent être compris dans le contexte d’Isaïe 49 :5-6 qui rappelle à Israël sa mission qui était de partager le souci de Dieu ; celui de faire en sorte que son salut atteigne l’humanité tout entière. En effet, ce chapitre du prophète Isaïe mentionné plus haut déclare ce qui suit : Je t’ai destiné à être la lumière des nations, afin que mon salut soit présent jusqu’à l’extrémité de la terre  ; mais Israël avait manqué à sa vocation missionnaire qui était d’universaliser le salut et s’était gonflé de fierté en pensant qu’il n’y avait pas de peuple aussi bon et aussi fidèle à leur Dieu qui leur avait donné des lois pour les prévenir de se confondre avec d’autres peuples qui eux ne connaissaient que les idoles. Cette certitude de penser bénéficier à eux seuls le salut de Dieu les avait si aveuglées qu’ils avaient même fermé leur cœur au Messie de Yahvé et à ses signes.

Cette attitude ségrégationniste et discriminatoire d’Israël vis-à-vis du caractère universel du salut qu’offre Dieu à l’humanité tout entière est non seulement ce qui est décriée par le Christ dans la page de l’évangile de ce jour lorsqu’il le conseille de s’efforcer d’entrer par la porte étroite, (…) car beaucoup chercheront à entrer et ne le pourront pas  ; mais aussi cette attitude ségrégationniste et discriminatoire d’Israël vis-à-vis de sa mission d’universaliser le salut de Dieu pour tous, nous pousse à la curiosité de savoir ; si notre religion ou pratique de la religion est celle de la vie ou alors une religion de paroles, de rituels et de dévotions tel que l’entendait le judaïsme ?

Combien de fois nous Chrétiens, Chrétiennes ne sommes-nous pas pris pour des justes ou encore, pris pour les seuls à bénéficier du salut de Dieu en adoptant une attitude discriminatoire et de dédain à l’égard de ceux-là qui n’ont jamais entendu parler de Jésus Christ ou qui l’ont reçu autrement ? Aujourd’hui le Seigneur nous rappelle notre vocation missionnaire à tous, qui est de servir de bras, de pied et de bouche de Dieu pour que l’humanité tout entière se rende compte du souci de Dieu de la sauver. Ceci pour dire que contrairement à Israël qui pensait bénéficier à lui seul le salut de Dieu parce qu’il était le peuple choisi, nous sommes appelés à être les missionnaires du salut de Dieu qui se veut universel ; c’est-à-dire pour l’humanité tout entière. Car, quiconque n’aurait pas ce désir que tous  soient sauvés, ne pourrait pas l’être lui-même, puisqu’il n’accomplirait pas la loi même du Royaume de Dieu qui est l’amour universel.

Prions le Seigneur de nous accorder de faire de notre pratique de la religion une religion pour la vie et non une religion de mots, de rituel et de dévotions. Amen.


DIX-HUITIEME DIMANCHE

Si nous nous accordons que ce qui caractérise le vrai disciple du Christ, c’est la nouvelle forme de relation qu’il tient avec la richesse ; alors, le Psaume 103 en ces versets 15 à 16 nous donne de comprendre les textes liturgiques de ce dix-huitième dimanche du Temps Ordinaire de l’Année C : puisqu’il affirme que ; L’homme, ses jours sont comme l’herbe, il fleurit comme la fleur des champs : que le vent passe, elle n’est plus, et la place où elle était l’a oubliée.

Dans cette perspective donc, tandis que la première lecture de ce jour attire notre attention sur le caractère éphémère de la vie d’ici-bas et partant, nous enseigne par-là que Dieu est notre Créateur et en tant que tel, lui seul connait tous les mystères ; par conséquent, toute recherche de bonheur en dehors de Lui est vaine, parce que lui seul détient les clés de la vraie sagesse et, en définitive, même si nous ne comprenons pas les mystères de l’existence, nous savons que tout est don de Dieu ; la page de l’évangile de ce jour quant à elle, nous fait comprendre que la cité temporelle n’a pour but de produire et de consommer le maximum de richesses. C’est-à-dire que pour elle, (la page de l’évangile de ce jour) l’essentiel n’est pas le service de l’argent ou du profit, c’est plutôt le service de l’Homme .

En d’autres termes, le résumé des textes liturgiques de ce jour, c’est que l’essentiel de la vie d’ici-bas, c’est la vie de la personne humaine  et non la richesse. C’est pourquoi nous sommes appelés à comprendre aujourd’hui que, bien que les richesses soient nécessaires pour la vie quotidienne d’ici-bas, si nos richesses ne concourent pas à l’épanouissement des autres, si nos richesses ne servent en rien ceux avec qui nous vivons ici-bas ; alors, nous perdons notre temps à réciter le credo  du parfait matérialiste qui se traduit par la foi au bonheur par la matière. Et à nous tous qui continuons de professer un tel credo  vis-à-vis de nos biens et avoirs dans la vie d’ici-bas, ne soyons pas surpris qu’un jour le Seigneur nous traite de fou et d’insensés  comme ce personnage de la page de l’évangile de ce jour, dont le Christ stigmatise en soulignant son égoïsme : Moi… Moi…Je…Je…Je…Je ferai…Je démolirai…Je construirai… mes récoltes… mes greniers… mon blé… moi-même… 

Dans notre société actuelle où le gain égoïste, l’accumulation de richesses et de biens matériels, ainsi que la satisfaction du Moi-seul  semblent régner en maître dans les cœurs et attitudes de tous et de toutes, le Seigneur attire encore une fois de plus notre attention sur le fait que notre vie  ne s’achève pas ici-bas. Par conséquent, nous ne devons passer sous silence le fait que la part essentielle de la vie, si souvent oubliée, est infiniment plus que l’investissement exclusif du matérialisme. Autrement dit, en aucune manière ou raison, nous ne devons omettre de mettre Dieu et l’épanouissement de nos frères et sœurs au premier plan.

Nous qui refusons de payer un salaire raisonnable à nos employés au nom de notre égoïsme ou de notre peur de réduire nos richesses, nous qui devons de l’argent à d’autres personnes et qui refusons de rembourser de sorte à monopoliser les richesses, nous qui pouvons voler au secours de nos frères et sœurs qui sont dans le besoin et qui pourtant, refusons de nous engager au nom de notre vouloir de la satisfaction du Moi-Seul  ; le Seigneur nous rappelle que la richesse n’est pas mauvaise en soi ; cependant, il peut devenir bon, si et seulement s’il n’est pas uniquement pour soi-même . D’ailleurs, le Christ ne dira-t-il pas en ce sens : Vendez vos biens, et donnez-les en aumône. Faites-vous des bourses qui ne s’usent pas, un trésor inépuisable dans les cieux, où ni voleur n’approche ni mite ne détruit  ? Luc 12 :33

Comme le recommande Saint Paul dans la deuxième lecture de ce jour, prions le Seigneur de nous accorder de toujours rechercher les réalités d’en haut, là où le Christ est assis à la droite de Dieu le Père ; puisque tous, nous sommes des pèlerins, des Homo viator  sur cette terre. Amen.


DIX-SEPTIEME DIMANCHE

Si le Christ a pu conseiller ses Apôtres à Gethsémani selon Mc 14 : 38 de veiller et de prier pour ne pas entrer en tentation parce que l’esprit est ardent, mais la chair est faible ; c’était surement pour leur faire prendre conscience et à nous également, de la nécessité et de l’urgence de la prière dans la vie de tout être humain qui veut bien garder une bonne communication et relation intime avec Dieu.

Ainsi, dans notre monde actuel où la plupart des hommes et des femmes ont de la peine à prier, parce que se laissant influencer inconsciemment par les innombrables critiques de la mentalité moderne selon laquelle la prière est une démission et qui par conséquent soutient que l’on ne doit pas demander à Dieu de faire à sa place ce qu’il doit lui-même retrousser ses manches pour accomplir ou gagner ; les disciples de Jésus dans la page de l’évangile de ce jour, de par leur requête suite à laquelle le Christ leur enseigne la prière complète qu’est le Notre Père montrent comment, que ce soit et avec nos efforts ainsi que la réponse à nos prières, Dieu seul est à l’origine de tout épanouissement humain. De ce fait, comme pour montrer la place de choix qu’occupe et doit occuper la prière dans nos vies respectives, les textes liturgiques de ce dix-septième dimanche du Temps Ordinaire de l’Année C s’accentuent sur la prière en général et sur la prière de demande et d’intercession en particulier.

A cet effet, dans la première lecture c’est Abraham qui est mis en exergue dans une attitude de prière d’intercession et d’insistance pour implorer la clémence de Dieu sur les habitants de Sodome. Comme pour abonder dans le même sens ; la prière qu’enseigne le Christ à ses disciples suite à leur requête de savoir comment prier, se veut une prière de demande qui situe en Dieu seul, tout épanouissement vrai dont a besoin toute personne humaine. Dans cet ordre d’idée donc, le Seigneur leur fait comprendre et par ricochet à tout un chacun de nous aussi, que cette prière complète du Notre Père n’est pas en réalité un formulaire immuable et figé ; mais une orientation générale de prière qui doit caractériser toute prière. Ceci pour dire que toutes nos prières que nous formulons doivent non seulement prendre en compte les besoins des autres parce que la prière que le Christ enseigne ici, se veut une demande inclusive ; Notre Père, Donne-Nous, Pardonne-nous, mais aussi cette prière complète nous apprend ce que c’est que la prière, quand devons-nous prier ? Comment et pourquoi devons-nous prier ? Et en ce sens, nous finissons par comprendre que la prière n’est pas une démission des efforts à fournir dans le vécu quotidien, mais un moyen par lequel nous gardons une certaine communion avec Dieu en ne trouvant qu’en lui seul la source de nos épanouissements quelques nos efforts dans la vie : Donne nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Nous sommes donc appelés à prier à tout moment. C’est-à-dire, que ça soit dans l’abondance aussi bien que dans le manque, la peine et la douleur, la prière doit servir de moyen de communication avec Dieu, de profession de son Omnipotence et son Omniscience et surtout moyen d’expression de confiance en sa Providence inépuisable.

Frères et sœurs, prions le Seigneur de nous accorder non seulement d’être davantage des hommes et des femmes de prière, mais aussi de nous donner de prendre conscience que, la prière n’est pas une démission des réalités de la vie, mais plutôt un moyen par lequel nous gardons une certaine communion avec Dieu et voyons en lui l’omnipotence, l’omniscience et la source même de la providence : Que ton nom soit sanctifié, Que ton Règne vienne, Donne-nous le pain dont nous avons besoin pour chaque jour. Amen.


SEIZIEME DIMANCHE

La Lettre aux Hébreux a cette superbe phrase qui se libelle comme suit: N’oubliez pas l’hospitalité, car, grâce à elle, certains, sans le savoir, ont accueilli des anges . He 13,2 C’est sans doute dans cette perspective que nous pouvons comprendre les textes liturgiques de ce seizième dimanche du Temps Ordinaire de l’Année C et plus particulièrement la première lecture et la page de l’évangile de ce jour.

En effet, dans la première lecture, nous voyons que pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, Dieu en personne s’est invité chez un homme en la personne d’Abraham et celui-ci n’hésita pas de reconnaître dans ces trois visiteurs, la présence divine. Dieu, donc, puisque c’est lui, à n’en pas douter, s’est invité chez Abraham, et pour lui dire quoi? Pour lui confirmer le projet inespéré qu’il formait pour lui: L’an prochain, à pareille époque, Sara, la vieille Sara, aura un fils et de ce fils naîtra un peuple qui sera l’instrument des bienfaits de Dieu. L’on pourrait même pousser plus loin la réflexion pour soutenir que, l’hospitalité d’Abraham aux trois visiteurs en qui il avait reconnu la présence divine, lui a valu la réalisation de son rêve d’avoir un héritier qui était jusque-là impossible à vues humaines.

Le Christ, comme pour donner du crédit à une telle hospitalité, est présenté en train d’être accueilli dans une famille de deux sœurs plus leur frère dans la page de l’évangile de ce jour. Mais ici, l’hospitalité qui lui est offerte s’exprime à deux différents niveaux; à savoir, au plan actif et au plan contemplatif. C’est pourquoi aucune des deux sœurs n’est à critiquer ni à juger ici. Car, que ce soit l’hospitalité offerte par le service de la cuisine que témoigne Marthe, aussi bien que celle offerte par la conversation, l’écoute et la contemplation qu’offre Marie de l’autre côté; les deux sœurs avaient fait bon accueil à leur visiteur commun. En effet, Jésus est honoré aussi par tout amour qui se met ‘au service’ des autres. A cet effet ne dira-t-il pas: Vous m’avez donné à manger, vous m’avez donné à boire, venez les bénis de mon Père ? Cf Matt 25,34. Presque dans le même sens, n’est-ce pas lui, le Christ qui dit en Apocalypse 3,20 que: “Voici que je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je prendrai le repas avec lui, et lui avec moi”?

Il va donc sans dire qu’à leur manière, chacune des deux sœurs, c’est à dire Marthe et Marie avaient fait bon accueil au Christ qui se tenait à leur porte et qui frappait. Et c’est à telle une hospitalité que le Seigneur nous invite aujourd’hui vis-à-vis de nos frères et sœurs. Cependant, ce que Jésus condamne en Marthe, ce n’est pas son travail, ni la chaleur de son accueil actif, mais c’est l’énervement qu’elle semble y mettre, l’excès d’agitation. Comme pour dire que tout service doit être rendu avec amour, joie, générosité et sacrifice; qui en fait est en filigrane comparable à ‘l’unique nécessaire’ dont fait allusion le Christ dans son appréciation de l’écoute de sa parole faite par Marie. A suivre de plus près l’enseignement du Christ ici, il s’avère que la Parole de Dieu doit passer avant tout autre soucis temporel. D’ailleurs, ne dit-il pas que: L’homme ne vivra pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu”? Matt 4,4

Toutefois, retenons que quand bien même que Jésus souligne ici qu’écouter la Parole de Dieu est le premier devoir de l’homme en général et du Chrétien en particulier, le Christ ne dit pas cela pour déprécier le service que Marthe rendait en s’affairant au ‘ménage et à la cuisine.’ En réalité, à travers le personnage des deux sœurs, Jésus donne une recommandation à chacun de ses disciples d’antan et par ricochet à nous aussi; et nous fait comprendre qu’il ne faut pas négliger l’essentiel; c’est à dire qu’il nous faut bien tour à tour, chacun et chacune, jouer les Marthe et les Marie, mais attention de ne pas nous tromper de priorité.

Les apôtres du Christ, les douze s’avèrent avoir bien compris et retenu cette leçon; eux qui s’étaient retrouvés face au choix entre deux missions; notamment, la prédication de la Parole de Dieu et le service des tables; et qui ont établi l’ordre des diacres pour montrer le lien intrinsèque entre la Parole de Dieu et le service des autres: Il ne convient pas que nous délaissions la Parole de Dieu pour le service des tables. Cherchez plutôt parmi vous, frères, sept hommes de bonne réputation, remplis d’Esprit et de sagesse, et nous les chargerons de cette fonction. Quant à nous, nous continuerons à assurer la prière et le service de la Parole Actes 6,2-4

Frères et sœurs, prions le Seigneur de nous accorder d’être davantage très hospitaliers envers tous, tout en sachant conjuguer action et contemplation, service et écoute à l’instar non seulement des deux sœurs Marthe et Marie qui ont su ouvrir leur porte au Christ qui s’y tenait derrière et qui frappait et lui ont fait bon accueil, mais aussi, à l’instar d’Abraham et sa femme qui ont aussi offert leur hospitalité aux trois visiteurs en qui Abraham avait reconnu la présence divine. Amen.

 


DIMANCHE DE LA SAINTE TRINITE

Dans son Credo, l’Eglise Catholique professe sa Foi en un Dieu Trinitaire ; c’est-à-dire qu’elle affirme croire en Trois Personnes Divines qui forment et constituent le ‘Dieu Unique’ qui est connu comme le Père, le Fils et le Saint Esprit. C’est donc dans ce contexte que nous pouvons situer et comprendre ce onzième dimanche du Temps Ordinaire ; dimanche où l’Eglise notre Mère nous invite à célébrer la fête de la Très Sainte Trinité. Il est vrai que nulle part dans toute la Bible il ne figure le mot ‘Trinité’ et que de même la Bible ne définit jamais non plus, comme le fera le langage rationnel grec, qu’il y a ‘trois personnes Divines dans le Dieu Unique’ ; mais à y voir de près, l’on ne saurait nier cette foison de trace de la Trinité qui se laisse contempler de l’Ancien Testament jusqu’au Nouveau Testament. Delà, nous comprenons que le Mystère le plus essentiel en Dieu qu’est la Sainte Trinité, n’a pas été révélé par des formules, mais par des faits. D’ailleurs dans cette ligne, l’Ancien Testament parlait déjà de Dieu comme Père selon Deutéronome 32,6 ; Psaume 67,6 ; Isaïe 63,16 ; Jérémie 2,4.19. De même, le Nouveau Testament en fait autant lorsque dans les quatre livres de l’évangile, Jésus se referre à Dieu comme son Père et notre Père sans passer sous silence l’Esprit qui fait communion avec lui Jésus et le Père.

Toutefois, bien que l’Ancien Testament n’ait pas révélé explicitement la ‘Trinité’ en Dieu, retenons que les auteurs humains du Nouveau Testament avec le concours du véritable auteur de la Sainte Bible qu’est Dieu, ont eu à reprendre le langage biblique pour exprimer toute la nouveauté du fait Jésus qui se situait constamment face au Père et qui avant de monter vers ce Père céleste, annonçait le don de l’Esprit Saint. Il va sans dire que dans cette perspective, Jésus livre ici l’intimité même de la Trinité, mystère dans lequel il nous introduit. Mais pour percevoir ce mystère d’amour et de communion, il faudrait que nous lui soyons accordés, que nous soyons nous-mêmes feu brulant d’amour et de communion.

De ce qui précède, nous pouvons retenir que le mystère de la Sainte Trinité ne se livre pas à la merci de l’énigme, ou encore d’une super-équation mathématique pour les intellectuels d’élite, mais c’est une toute simple réalité cachée aux sages et aux savants, et révélée aux tout-petits qui se laissent transporter par l’amour et la communion qui unissent les trois personnes divines ; à savoir Dieu, le Père, Dieu le Fils et Dieu, l’Esprit Saint. Car, toutes nos relations humaines ont leur source en la Sainte Trinité et c’est à la lumière de l’amour et de la communion existant entre ces trois personnes divines que nous sommes appelés à vivre nos relations interpersonnelles et familiales. En effet, dans le mystère intime de la Sainte Trinité, nous contemplons les relations d’amour entre les trois personnes divines qui s’expriment sans aucun repli caché, sans aucune cachette. En fait, tout est partagé, communiqué, donné et tout est reçu, accueilli.

Il va sans dire que le lien intrinsèque qui lie la Sainte Trinité est si grand que nos mots de la terre sont infirmes pour dire cette qualité inouïe de la relation qui unit le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Cette unité étonnante entre lui Jésus et Dieu, Jésus l’a plusieurs fois souligné dans les Evangiles. Delà, nous comprenons que Jésus, c’est Dieu-visible (pourrait-on dire ! car, la divinité, en fait, même en Jésus, demeure infiniment au-delà de nos prises). Et l’Esprit, c’est Jésus-repris et indéfiniment répété au cœur de l’homme. En ce sens, l’Esprit renvoie à Jésus et Jésus renvoie au Père invisible.

La Sainte Trinité est donc cette unité et cette diversité, elle est la communion des personnes qui ‘à plusieurs ne font qu’un’ et c’est à l’instar de cette communion que nous sommes appelés à vivre si nous désirons percer le mystère de la Sainte Trinité. Car, bien que le Père ne soit pas le Fils ni l’Esprit ; et que de même le Fils n’est pas le Père ni l’Esprit et aussi que l’Esprit n’est pas le Père ni le Fils ; il convient de retenir que le Père est Dieu, le Fils est Dieu et l’Esprit est Dieu ; et les trois personnes divines sont inséparablement unit d’une unité qui ne se livre pas à la compréhension mathématique, mais se laisse percer par le langage de l’Amour.

Que l’Esprit de vérité promis par le Christ dans la page de l’Evangile de ce jour nous aide à parler concrètement ce langage de l’Amour et de la communion dans nos relations interpersonnelles et familiales, de sorte à bâtir ensemble un monde encore plus fraternel. Amen.


DIMANCHE DE PENTECOTE

 Tu envoies ton souffle ; ils sont créés ; tu renouvelles la face de la terre.  Ps103 :30

Avec les textes liturgiques de ce dimanche de Pentecôte, contemplons l’action de la présence de l’Esprit Saint. En ce sens, la première lecture de ce jour, tout en nous relatant la circonstance dans laquelle le souffle de Dieu est descendu sur les disciples du Christ, donnant ainsi naissance à l’Eglise, elle nous fait comprendre dans le même temps comment l’action de la présence de l’Esprit Saint nous enseigne que l’unité n’est pas dans l’uniformité ; mais la véritable unité de l’amour ne peut se trouver que dans la diversité.

Delà, nous parvenons à comprendre que le récit de la Pentecôte chez Saint Luc s’inscrit bien dans la ligne de Babel ; puisqu’à Babel, l’humanité avait appris la diversité, tandis qu’à la Pentecôte, le Genre Humain apprend l’unité dans la diversité. En effet, désormais toutes les nations qui sont sous le ciel entendent proclamer dans leurs diverses langues l’unique message ; à savoir, les merveilles de Dieu. Au regard donc de ce qui précède, nous nous rendons compte que le Psalmiste dans le Psaume responsorial de ce jour n’avait pas tort de déclarer ceci :  Tu envoies ton souffle ; ils sont créés ; tu renouvelles la face de la terre.  Ps103 :30

Il va sans dire que, le renouvellement de la face de la terre dont fait mention le Psalmiste ici, pourrait être compris dans le langage commun qui est parlé par les disciples dans la première lecture et qui devra être parlé par tout le Genre humain, fort de la descente et de la présence de l’Esprit Saint en son milieu. Et ce langage, c’est celui de l’Amour ; puisque l’Esprit de Dieu, c’est l’Amour personnifié. Il s’en suit que, le matin de la Pentecôte, à Jérusalem, quand les disciples ont été remplis de l’Esprit Saint, c’est l’amour même qui est en Dieu qui les a envahis. Et de même, nous aussi, baptisés, confirmés, notre capacité d’amour est habitée par l’amour même de Dieu. Par conséquent, notre amour pour Dieu et pour nos frères et sœurs doit toujours démontrer qu’en réalité Dieu a renouvelé la face de la terre en nous envoyant son Esprit Saint qui purifie, sanctifie et vivifie.

En ce sens, nous comprenons que si la deuxième lecture de ce jour s’accentue sur notre relation à Dieu fort de notre réception de ‘‘l’Esprit qui ne fait pas de nous des esclaves, mais des fils de Dieu’’, alors notre relation à Dieu ne doit pas se dissocier de notre relation à nos frères et sœurs ; puisque le Christ dit dans cette perspective que :  si nous l’aimons, nous resterons fidèles à ses commandements  et nous le savons bien que son commandement le voici :  Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés  Jn13, 34.

Frères et sœurs, en cette fête de la Pentecôte que nous pouvons aussi qualifier de fête de l’Amour et de l’Unité, rappelons-nous que l’amour pour Dieu et l’amour pour nos frères et sœurs, les Hommes, sont inséparables, tellement inséparables que c’est à la qualité de notre mise au service de nos frères et sœurs que l’on peut juger de la qualité de notre amour de Dieu. En cette célébration donc où le Seigneur envoie une fois de plus son souffle pour tout créer et renouveler la face de la terre ; prions-le pour que l’action de la présence de l’Esprit Saint en notre milieu et dans nos cœurs, nous délivre de nos manques d’amour, de nos manques d’esprit d’unité dans la diversité, afin que le bonheur et le bien-être de tous soient prisés au détriment des jalousies, de la haine, des coup bas et des règlements de compte. Ainsi, nous pourrons bâtir ensemble une société paisible et harmonieuse. Amen


SEPTIEME DIMANCHE DE PAQUES

Dans le premier chapitre du Livre de la Genèse en son verset 26, nous lisons que Dieu dit : ‘‘Faisons l’homme à notre image, comme notre ressemblance’’…  et un peu plus loin au chapitre 2 verset 18 du même Livre ; Yahvé Dieu dit : ‘‘Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Il faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie.’’ 

Avec ces versets qui mettent ici en lumière d’une part la communion existant en Dieu, laquelle s’exprime par l’usage de la première personne du pluriel Faisons  ainsi que l’adjectif possessifnotre  ou à notre image  ; et d’autres part ce souci de communauté, de communion et d’unité qui anime Dieu en la faveur de la personne humaine qui aussi se traduit par le second verset : Yahvé Dieu dit : ‘‘Il n’est pas bon que l’homme soit seul… ; nous nous rendons à l’évidence que Dieu n’est pas une somme d’individus, mais il est une communauté d’amour accueillante. IL est en fait une altérité, qui est en réalité le point de départ de toute relation. Et c’est en quelque sorte dans ce dynamisme que nous pouvons situer et comprendre la prière pour l’unité que fait le Christ dans la page de l’évangile de ce jour. Car, prier pour que tous soient un, comme le Père est en lui et lui en son Père. Que tous les hommes et femmes soient un en eux, eux aussi, pour que le monde croie que le Père a envoyé le Fils  revient à dire que c’est non seulement en cela que le monde comprendra combien Dieu l’aime ; puisque l’envoi de son Fils est la plus belle preuve d’amour que Dieu ait pu donner au monde, mais aussi à travers cette prière pour l’unité de tous, le Christ nous invite à communier dans la nature et le dessein même de Dieu, qui ne sont autre que ‘communauté d’amour accueillante’.

Dans notre société actuelle si frappée par toutes sortes de divisions, que ça soit au niveau politique, économique, religieux, national, international, ethnique, familial, tribal etc ; monde où seul l’intérêt personnel compte le plus pour certains ; la prière pour l’unité de tous faite par le Christ ici, s’avère être très cruciale. D’où, notre focalisation sur la page de l’évangile de ce jour en ce septième dimanche Pascal de l’année C. Cependant, bien que nous puissions contempler le Christ ici prier pour que notre unité soit parfaite, il apparait clairement qu’il relève de notre devoir en tant qu’Animal(aux) politique(s)  comme le dirait Aristote, de conjuguer des attitudes, comportements, manières, propos et actes concourant à l’établissement de l’unité, de la cohésion sociale et d’une paix durable dans notre société actuelle blessée par la haine, la division et la disharmonie.

Si nous convenons tous que l’avènement de notre Seigneur Jésus Christ dans ce monde était pour Dieu, une manière de concrétiser son Amour pour l’humanité tout entière en lui révélant à travers ce mystère de l’Incarnation, sa nature et son dessein qui ne se traduisent que dans le simple fait que Dieu est communauté d’amour accueillante ; alors, il va sans dire que le Christ n’a pas manqué d’accomplir cette mission à lui confiée ; puisqu’il en est allé jusqu’au bout à tel enseigne qu’il a pu affirmer ceci : Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité . Cette vérité est l’amour sans limites de Dieu pour l’humanité.

De ce qui précède, il convient de maintenir qu’à la suite de Jésus Christ, tout Chrétien, toute Chrétienne, voire même toute personne humaine peut dire ou devrait pouvoir dire : Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Ce faisant, ce sur quoi la vie humaine doit être plus focalisée, c’est bien entendu la quête de l’unité, de l’harmonie et de la cohésion sociale.

Frères et sœurs, en ce jour où Etienne dans la première lecture témoigne de la vérité jusqu’au martyre, jour aussi où Saint Jean dans sa vision relatée dans la deuxième lecture affirme l’approche ou du moins la présence des temps messianiques ; en tant que peuple de l’attente, prions le Seigneur de nous accorder de répondre à son dessein et à sa nature selon la genèse de la création. Amen.


SIXIEME DIMANCHE DU TEMPS PASCAL

Dans une société actuelle qui semble perdre de repère ; puisqu’elle ne cesse de se plaindre de l’absence de Dieu, du silence de Dieu si bien que le Croyant se heurte toujours au défi de l’athée :  Où est-il ton Dieu ?  Ps 42,4 ;  Société où Dieu semble être mis au coffre ; puisque sa présence dans l’univers et dans la vie de ses créatures semble s’évaporer de la conscience et des yeux d’une grande majorité des Hommes ; quand bien même que de nombreux thème pourraient être dégagés des textes liturgiques de ce jour ; il ne serait pas vain de souligner que dans son enseignement de la page de l’évangile de ce jour, le Christ nous révèle la méditation de la Parole, comme un sacrement de la Présence Divine :  Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui. 

Mais ici, retenons que cette méditation de la Parole de laquelle découle la Présence Divine ne se traduit que dans l’observance et la pratique du  commandement d’amour. Et c’est en ce sens que nous pouvons comprendre la promesse du défenseur que le Christ nous fait dans la page de l’évangile de ce jour. En effet, c’est l’Esprit qui nous fera comprendre cette Parole à laquelle le Christ nous invite à y rester fidèle et c’est également ce même Esprit Saint qui gardera cette Parole dans la mémoire des disciples. Il est donc à comprendre ici que le rôle de l’Esprit Saint promis, c’est de nous enseigner à aimer ; puisque c’est lui qui nous fera nous souvenir du commandement d’amour et nous rappellera que l’essentiel consiste à nous aimer les uns les autres, à nous mettre au service les uns des autres.

C’est donc dans la perspective de ce qui précède que nous pouvons remarquer très concrètement le Défenseur à l’œuvre dans la première communauté au moment de ce que l’on a appelé le premier Concile de Jérusalem qui était l’objet de la première lecture où nous remarquions les difficultés de cohabitation entre les Chrétiens d’origine juive et les Chrétiens d’origine païenne. Evidemment l’Esprit d’amour a soufflé aux disciples du Christ la volonté de maintenir à tout prix l’unité. Voilà donc que Dieu se fait présent au milieu de la communauté qui a rompu d’avec la discorde, la division et a ouvert ses portes à la communion fraternelle. Il est donc à comprendre ici que si l’on veut expérimenter la présence de Dieu, l’on est appelé non seulement à rester fidèle à la Parole du Christ tout en l’accueillant à la lumière de la pratique du commandement d’amour, car là où l’amour est vécu, là se fait présent le Seigneur ; mais aussi il est à retenir que si l’on ne veut plus se plaindre de l’absence de Dieu, du silence de Dieu, il est appelé à s’ouvrir à l’Esprit Saint qui permet de maintenir la communion fraternelle ; tel qu’en fait cas la première lecture de ce jour.

Frères et sœurs, au regard de la promesse du Défenseur, qui seul peut nous amener à rester fidèle aux enseignements reçus du Christ ; et aussi du rôle d’inspirateur et de réconciliateur que cet Esprit Saint a joué dans le Concile de l’an 49 à Jérusalem et par-delà, dans la première communauté d’Antioche ; retenons que pour vivre de la présence de Dieu et cesser de nous plaindre de l’absence de Dieu, du silence de Dieu ; nous sommes appelés à garder la Parole du Christ dans la pratique vraie du commandement d’amour et à nous ouvrir à l’Esprit qui nous enseigne que la meilleure manière d’être vraiment fidèle à Jésus Christ est de maintenir la communion fraternelle.

Prions le Seigneur de nous y aider maintenant et à jamais.


CINQUIEME DIMANCHE DE PAQUES

A voir de près notre société actuelle où la violence, la haine, les règlements de compte, les coup-bas, la corruption, la guerre, la méchanceté, les exécutions, les attentats, les animosités, l’option pour le mal, les assassinats, les tueries, la malice etc, semblent tenir la direction du navire ; les textes liturgiques de ce cinquième dimanche du Temps Pascal viennent en force pour nous rappeler à l’ordre, en nous demandant d’abandonner nos cœurs de pierre au profit des cœurs de chair qu’au commencement le Créateur avait mis en tout un chacun de nous :  Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa.  Gn1, 27

Dans cet appel à l’ordre donc, les textes liturgiques de ce jour nous invitent à un renouveau, à l’abandon de nos cœurs de pierre au profit des cœurs de chair qu’à l’origine de la création, le Créateur avait mis en tout un chacun de nous : Faisons l’Homme à image, comme notre ressemblance… Gn1, 26

Renouveau qui se traduit dans le commandement nouveau que le Christ nous donne dans la page de l’évangile de ce jour :  … Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres.  Ici, comprenons qu’en fait, la nouveauté en question, ce n’est pas le commandement d’aimer, Jésus ne l’invente pas : le commandement d’aimer existe bel et bien dans l’enseignement des rabbins de son temps. Ce qui est nouveau, c’est d’aimer comme lui Jésus, mais non pas seulement à sa manière, c’est-à-dire au point d’être prêt à donner sa vie, en refusant toute puissance, toute domination, toute violence ; ce qui est nouveau, c’est encore plus que cela, c’est d’aimer vraiment comme lui, c’est-à-dire en étant complètement guidé par son Esprit. Il va donc sans dire que si la deuxième lecture de ce jour nous parle d’un monde nouveau qui viendra à la fin des temps lorsque Dieu détruira ‘le menteur’ (le diable) et ses suppôts, ce monde nouveau commence dès maintenant et il se fait présent seulement là où l’amour vrai de ‘l’autre moi’, c’est à dire du prochain est vécu dans le concret.  Ceci, parce que là où l’amour vrai de ‘l’autre moi’, est vécu dans le concret, là se trouve être exprimé notre effort à aimer comme le Christ qui se met aux pieds de ses frères pour les leur laver, en exprimant ainsi le geste du plus humble service Jn13,14.

Là où l’amour vrai de ‘l’autre moi’, est vécu dans le concret, là se trouve être exprimé notre effort à aimer comme le Christ qui « donne sa vie pour ceux et celles qu’il aime ; c’est-à-dire l’humanité tout entière » et là se trouve être exprimé notre désir à vivre dans ce renouveau auquel les textes liturgiques de ce jour nous invitent.

Aimer comme Jésus dans notre société actuelle où non seulement les traits caractéristiques du vieil homme (le diable) cités plus haut semblent tenir la direction du navire, mais plus encore, semblent régner en maîtres, c’est aimer autrui tel qu’il est et non pas tel que nous voulons qu’il soit. Aimer comme Jésus dans notre société actuelle où non seulement les traits caractéristiques du vieil homme (le diable) semblent tenir la direction du navire, c’est refuser d’accaparer le pouvoir, de se faire l’assassin de l’autre, que ça soit moralement, spirituellement ou physiquement.

Aimer comme Jésus pour ainsi appartenir au monde nouveau vu par Saint Jean dans la deuxième lecture de ce jour, c’est refuser d’être la cause du malheur ou de la souffrance de l’autre ; c’est renoncer à faire de soi-même le centre du monde ; c’est n’avoir d’yeux que pour le bonheur, la joie et l’épanouissement de l’autre.

Enfin, aimer comme Jésus pour ainsi appartenir au monde nouveau, c’est oser être toujours positif dans la vie et faire du « Bien », son choix fondamental.

Frères et sœurs, prions le Seigneur de nous aider à bâtir dès maintenant et ici-bas, ce monde nouveau qui adviendra à la fin des temps lorsque le Dieu Tout-Puissant détruira ‘le menteur’ et ses suppôts. C’est en faisant ainsi, que non seulement nous répondrons au renouveau auquel les textes liturgiques de ce jour nous invitent, mais aussi et surtout, c’est en faisant ainsi, que notre société actuelle ressemblera aux communautés de Paul et Barnabé mentionnées dans la première lecture où, organisation (structuration), jeûne et prière se conjuguent ensemble pour ainsi montrer à tous qu’elles sont en réalité, des disciples du Christ.


 

QUATRIEME DIMANCHE DE PAQUES

En ce quatrième dimanche du Temps de Pâques, dimanche reconnu par la Sainte Eglise comme dimanche du Bon Pasteur et par-delà, comme dimanche des vocations ; le Christ est à la fois présenté comme l’Agneau et le Pasteur par excellence qui donne sa vie pour ses brebis. Ce portrait du Christ que font les textes liturgiques de ce jour peut être compris en deux raisons : la première raison est que si dans la page de l’évangile de ce jour par exemple, Saint Jean rapporte que « Jésus avait dit aux Juifs : Je suis le Bon Pasteur (le vrai berger) … Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent.; c’est certainement pour montrer comment Jésus en se présentant ainsi, s’identifie à Dieu, qui si souvent s’était révélé par les prophètes et dans les psaumes comme le berger d’Israël. Le psaume 95 (94) :7, parlant de la relation entre YHVH (YaHVeH) et le peuple d’Israël déclarera à cet effet :Oui il est notre Dieu ; nous sommes le peuple qu’il conduit, le troupeau guidé par sa main. Et le psaume 78 (77) :52 dans cette même veine affirmera que :  YaHVeH poussa comme des brebis son peuple, et les mena comme un troupeau dans le désert.

De ce qui précède, nous pouvons par ailleurs comprendre que le Christ présenté comme le Bon Pasteur et/ou le vrai berger ici, sous-entend donc que, comme YahVeh lui-même avait pris ce rôle lors de la libération d’Egypte, ce portrait du Christ ici confirme sa communion avec YahVeh (JE SUIS) qui si souvent s’était révélé par les prophètes et dans les psaumes comme le berger d’Israël : Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer. Il me mène vers les eaux tranquilles, et me fait revivre…  Ps 23 (22).

Si avec tout ce qui précède nous sommes parvenus à comprendre le portrait du Bon Pasteur et par ricochet du vrai Berger que font du Christ les textes liturgiques de ce jour de par son identification à YaHVeH, au Dieu Tout-Puissant reconnu comme le ‘Pasteur plein de bonté’ et sa communion avec celui-ci, retenons que c’est dans la lumière de Pâques même que la parabole du Bon Pasteur reçoit toute sa signification ; puisque c’est avec le Mystère Pascal du Christ que nous découvrons le vrai pasteur, qui a donné sa vie pour son troupeau. Delà, nous comprenons pourquoi la deuxième lecture présente le Christ comme l’Agneau et le Pasteur à la fois ; puisqu’en tant que Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis, le Christ se montre être l’Agneau pascal dans le sang duquel nos péchés ont été lavés.

Il va sans dire qu’en son nom, se trouve le salut des Hommes. D’où, le besoin d’entreprendre la route missionnaire ou des œuvres missionnaires à l’instar de Paul et Barnabé qui dans la première lecture de ce jour, ont entrepris d’annoncer aux païens le salut au nom du Bon Pasteur, le Christ.

Frères et sœurs, de nos jours où les pasteurs et/ou hommes de Dieu foisonnent çà et là, que ça soit dans le sens de l’authenticité aussi bien que dans le sens de ceux qui ont décidé de faire de notre Seigneur Jésus Christ une marchandise en faisant du Christianisme une entreprise à sou rapide ; le Christ qui est le Bon Pasteur et par ricochet le vrai Berger se donne à nous, prêtres de l’Eglise Catholique, pasteurs de tout genre ainsi que ceux-là qui se proclament apôtres, prophètes, voyants, hommes de Dieu, etc, oui, le Christ se donne à nous comme modèle à suivre et nous demande sous les propos de Saint Pierre dans le cinquième chapitre verset 2 à 3 de sa première Epître de faire ce qui suit: Paissez le troupeau de Dieu qui vous est confié, veillant sur lui, non par contrainte, mais de bon gré, selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais avec l’élan du cœur ; non pas en faisant les seigneurs à l’égard de ceux qui vous sont échus en partage, mais en devenant les modèles du troupeau.

A vous aussi frères et sœurs qui vous ruez régulièrement vers les commerçants du Christ au mépris de ceux qui s’efforcent de servir le Seigneur dans l’authenticité en s’évertuant de prendre pour modèle le Christ, le Bon Pasteur et Vrai Berger ; le Seigneur Jésus vous invite aujourd’hui à venir vous abreuver en lui qui est la vraie source du bonheur et qui par conséquent donne sa propre vie pour le salut des brebis qui entrent dans son pâturage et l’écoutent, en cessant de suivre les mercenaires qui eux, s’évadent à la moindre approche du danger.

Frères et sœurs, en ce dimanche du Bon Pasteur et aussi des vocations, prions le Seigneur de susciter davantage, de vraies vocations sacerdotales, missionnaires, religieuses et de mariage, afin que de part et d’autre, et d’une manière ou d’une autre, chacun de nous puisse entreprendre la route missionnaire ou des œuvres missionnaires à l’instar de Paul et Barnabé qui dans la première lecture de ce jour, ont entrepris d’annoncer aux païens le salut au nom du Bon Pasteur, le Christ.